La montréalaise Melissa Auf Der Maur, qui fut bassiste de Hole et des Smashing Pumpkins, fait partie des artistes féminines qui ont accepté d'interpréter des chansons d'Offenbach pour l'album «Les jalouses du blues», sorti cette semaine sur étiquette EDC musique. Ce projet est l'initiative de John McGale, un membre du légendaire groupe rock québécois...
John et Melissa furent mis en contact par le propriétaire de la compagnie Madrigal, à Verdun, où les deux entreposent leur équipement et leurs instruments de musique. «John m'a proposé trois morceaux et j'ai choisi "Je l'sais ben". On y raconte l'histoire d'une femme forte mais triste, vue d'un point de vue masculin», dit la musicienne au téléphone.
Je l'sais ben», un morceau rock, s'est alors coloré d'une touche celtique. «L'Irlande, ce sont mes racines», lance John! Melissa apprécie également cette couleur: «Ma mère est née à Boston (ville à forte population irlandaise) et mes grands-parents sont Irlandais.» Pour les deux artistes, il s'agit donc d'une sorte de retour aux sources.
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Melissa Auf Der Maur a complété l'enregistrement de son nouvel album solo «Out of Our Minds» il y a quelques temps. Elle a hâte de partager ce chapitre de sa carrière artistique et musicale. Elle est présentement en négociations avec une étiquette (qu'elle ne voudra pas nommer par superstition) pour distribuer ce disque.
Elle a réalisé cet album seule. Toutefois, Jordan Zadorozny, Chris Goss (qui avait travaillé sur son premier opus solo) et Ryan Adams, avec qui elle avait collaboré en 2003, ont coréalisé certaines pièces avec elle. Ce sont des amis, dit-elle. Des potes de Tinker, son premier groupe, ainsi que des musiciens qui ont joué avec Nine Inch Nails font notamment partie des gens qui prêtent un coup de main à Melissa sur ce disque.
À la musique, se greffent plusieurs volets: une bande dessinée, un film et un site Internet. On y raconte trois histoires qui se passent à trois époques différentes: le présent, le 19ème siècle («dans la forêt, lorsqu'ont commencé les attaques des bûcherons sur les arbres»); et l'an 1007 (on y traitera de relations entre les femmes et les hommes, de magie et de sorcières).
Melissa voulait donner un côté fantastique à son projet. «Le c½ur physique et symbolique» est un thème récurrent dans le film qui accompagne cet album, précise-t-elle. Pour elle, il s'agit d'un projet moderne et futuriste. Même l'éventualité d'un jeu vidéo interactif basé sur l'univers qu'elle a créé l'intéresse.
Grâce au Web, il est ainsi possible de rejoindre des fans de partout dans le monde, ce qui s'avère quasi-impossible à faire lorsqu'on part en tournée de spectacles: «C'est un projet intéressant. Tous pourront y participer.»
Les difficultés connues par Capitol Records, la firme qui avait sorti l'album «Auf Der Maur» en 2004, ont donné du fil à retordre à la musicienne. «Ça m'a pris du temps à récupérer l'album que j'avais enregistré avec eux», dit-elle.
Melissa a hâte de présenter des spectacles. Elle doit tout d'abord recruter des musiciens pour l'accompagner. Elle voudrait présenter une série de concerts multimédia où son film pourrait notamment être projeté.
Au moment de notre conversation téléphonique, vendredi, elle venait de terminer le tournage d'un clip avec le groupe ontarien Neverending White Lights à Toronto. Elle prête sa voix à «The World is Darker», le deuxième extrait de l'album «Act II :The Blood and the Life Eternal» de la formation.
Elle espère que le clip tournera à Musique Plus tout en avouant que certaines frontières séparent le Québec du reste du Canada. «Au moins, j'aurais ma chanson d'Offenbach pour le Québec; ma collaboration avec Neverending White Lights pour le reste du pays et ensuite, mon album pour le Québec, le Canada et le reste du monde», lance la jeune femme à la blague!
Au sujet de ce récent retour des Smashing Pumpkins auquel elle n'a pas participé, elle ne se dit pas triste. Elle n'a que de bons mots pour Billy Corgan et Jimmy Chamberlin, les deux membres originaux du groupe qui ont fait revivre le band. La musique a bien évolué depuis le début des années 2000, dit-elle. Elle veut aller de l'avant et ne pas regarder dans le passé. Elle est plutôt tournée vers l'avenir.
Le titre de l'album vient de la pièce «Câline de blues». Gerry Boulet y chantait: «les femmes sont jalouses du blues». On a collé à Offenbach une image de rockers machos sauf que les textes de la formation vont au-delà des apparences. Certains sont très profonds, dit John. Melissa Auf Der Maur abonde dans le même sens et réfute cette image de macho de la formation: «J'adore Offenbach, les paroles et les musiques. Le groupe comprend les femmes. Souvent, dans les groupes rock, les membres sont plus sensibles que les hommes ordinaires. Je pense à Led Zeppelin, par exemple. Les membres étaient pas mal plus émotifs que les autres gars de ce temps-là. Offenbach, c'est le romantisme, l'intensité et l'intelligence», explique la bassiste dans un français teinté d'un accent fort charmant.
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